lundi 3 juillet 2017

Tourisme à Vouvray : un constat réaliste

Parfois, la polémique précède des écrits. Et c'est ce qui s'est passé pour "Vouvray Terre d'@venir", la lettre d'information de l'opposition, dont la distribution a été suspendue en raison de réactions violentes suite à un article. Il s'agit d'ailleurs de l'article principal de ce numéro qui s'étale sur trois pages.

L'auteur, Bertrand Chandouineau (chambres d'hôtes Bagatelle à Vouvray), fait un constat alarmant sur le tourisme dans la commune et se montre pessimiste pour l'avenir. Je reviendrai sur le fond du texte, plutôt clairvoyant. Mais, un passage maladroit a suscité l'ire des professionnels.


Il est en effet écrit que "Vouvray (est) désertée à partir de 19h00 l'été", "sans aucun endroit convivial pour boire un verre de vin ou de jus de fruit à une terrasse animée". Cela a déplu notamment au patron du Vouvrillon, qui en a parlé à ses collègues. M. Chandouineau a eu vent de cette polémique et s'en est expliqué avec le gérant de ce bar-restaurant.

Sur le fond, ce long article a été mûrement réfléchi. Je le sais, car Bertrand Chandouineau m'avait confié il y a déjà plusieurs mois qu'il travaillait dessus. L'office de tourisme était aussi dans la confidence, évidemment. Il a contribué à tempérer le propos.

Côté chiffres, on apprend qu'à l'échelle du Vouvrillon, l'hébergement accueille 15 000 nuitées par an pour un chiffre d'affaires d'1 million d'euros. En restauration, le nombre de couverts est estimé entre 20 et 25 000 pour un chiffre d'affaires de 600 à 750 000 €. Ces même touristes étant au moins 40 % à acheter du vin lors de leur séjour, le gain pour les viticulteurs de l'AOC Vouvray serait de 100 000 €.

Mais, la majeure partie de ce chiffre d'affaires est recueillie par des acteurs privés. L'auteur déplore à ce stade l'absence d'une politique collective en matière de tourisme (à l'exception d'une campagne en 2015 de signalisation des chambres d'hôte, réalisée aux frais des propriétaires).

M. Chandouineau s'en prend ensuite à Touraine-Est Vallées, dont l'une des premières décisions a été de décider d'une taxe de séjour, avec une "absence totale de concertation". Il évoque un "singulier mépris" et une "méconnaissance des conditions de l'exercice des activités d'accueil".

Puis, il fait état de plusieurs lacunes à Vouvray (absence de parcours vélo, à l'exception de la voie verte jusqu'à Reugny, itinéraires de la Loire à vélo qui contournent la commune, absence d'aménagement des berges le long de la Cisse et de la Loire, notamment pour l'île de Moncontour, absence de mise en valeur du patrimoine).

L'auteur plaide pour ensuite pour la création de spectacles (son et lumières, rallyes culturels et ludiques, fêtes thématiques). Il souhaite que Vouvray et le Vouvrillon s'adaptent aux exigences des touristes du XXIe siècle, avec une offre qui repose sur l'écologie, l'originalité et le souvenir (en mélangeant l'eau, la pierre et la vigne). C'est un appel aux créatifs.

Mais, cette volonté de faire bouger les choses existe-t-elle vraiment ?

Pour toutes ces raisons, Bertrand Chandouineau craint que Vouvray ne devienne une ville dortoir pour de jeunes actifs qui préféreront aller à Tours. C'est sans doute aussi pour cela qu'il a décidé de quitter la commune, cet été, après avoir vendu son établissement. Il a le sentiment que, "si rien ne change, le bourg va se calcifier, comme le Tuffeau".

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire